2008/04/24

Bleu sombre

Parce que parfois la douleur est telle que tout s'assombrit, devient lugubre, suintant. Rien qui donne envie de se poser en toute quiétude. Ainsi, nos regards ne croisent que soupirs, lamentations et désespoirs. On se tourne alors vers le ciel, vers le soleil, mais derrière nos lunettes noires il parait plus fragile, incapable de nous réchauffer le coeur, alors reste le ciel, celui des espérances, celui qui quoiqu'il advienne sera toujours là pour continuer nos rêves. Aujourd'hui pourtant aucun nuage ne s'affiche pour alimenter les rêves, bleu uni, pour mieux intérioriser.
Le blues, la mélancolie et la nostalgie nous accompagnent, en musique, chaque note détachée de guitare rappelle notre détresse et le souvenir diffus du manque. La note juste et sensible vibre et frissonne ma peau, silence pour lui laisser le temps de parcourir la distance, imprégner chaque pores à chaque passage son désespoir. Le blues prend aux tripes (notre deuxième cerveau), le primaire, réceptacle des sensations brutes.
C'est ainsi, il effleure chaque corde et c'est à ce moment précis où la relation charnelle est la plus forte. Tout d'abord ce silence, non pas celui de l'indifférence mais un silence de mémoire, de colère aussi un peu, et d'attente mais surtout de présence à l'autre. Ce spleen des souvenirs nous envahit, des non-dits, chaque note cumule et garde mention de son passage sur ma peau, une profonde langueur, quelque part un désir de la souffrance physique pour user et abuser de ce son, note poignante et plaintive.

Mélancolie, tu déploies son image dans les airs, afin que nous puissions comprendre et prendre connaissance du message.

Nous te percevons, t'éprouvons à chaque note pure. Célérité quasi instantanée, qui lie l'intention avec la destination, fréquence auditive basique, et pourtant j'entends aussi les notes intérieures, l'harmonie qui se dégage.

Le temps s'arrête, s'étire et puis c'est la résonance, comme lieu de mémoire, il se fait littérature.

3 commentaires:

Siréneau a dit…

Eh bé dis donc,je ne te savais pas sujette à la mélancolie, en tous cas, tu en parles très bien. Peu de gens ont conscience de ceci:

"Le blues prend aux tripes (notre deuxième cerveau), le primaire, réceptacle des sensations brutes. "

J'en suis convaincu, sacré réceptacle du ventre, pour le blues soit, mais il doit être capable d'autre chose ce ventre là, de Plénitude? de Sérénité? Comment en faire bon usage?

Le yoga sans doute, moi je n'y connais rien, je sais seulement qu'il y a une intelligence du ventre, mais laquelle?

Amicalement!

Oh la baleine a dit…

Oui, le ventre chez moi est celui qui bouffe pour ne pas savoir, qui se remplit de vide lorsqu'il est inscousiant... c'est qu'il en connait des choses... Ventre creux n'a point d'oreilles et d'ailleurs il se souvient aussi des caresses.
Le blues un choix pour se laisser aller tout contre ou parfois, un carrefour, décidé par le destin, la vie qui simplement nous ramène à cette musique.

Oh la baleine a dit…

Le ventre de la baleine contient parfois de sacrés histoires...