2008/04/12

Tu veux qu'on en parle

C'est mon chiroprateur hollistique qui le dit, je dois exorciser : sortir cette peine légitime afin de ne plus avoir ce torticolis; un stockage de graisse, un drainage insuffisant; les jambes gonflés, faut que je le sorte. Je veux bien ,mais à qui d'abord?, et sur quel thème/t'aime. Devrais-je dire l'échec de la communication, narrer sa gentillesse, sa stupidité, sa méchanceté par orgueil. Ou au contraire garder mon mal de cou. C'est un peu comme une strangulation, le souvenir revient tirer sur la corde, je ne me suis senti jamais libre, est-ce que ça vient de moi d'elle, difficile, c'est juste un constat je n'ai / on n'a pas su communiquer, ni avec lui, alors qu'il est là, avec moi, une impression que les phrases partent de ma bouche tourne autour de la personne et retombent lourdement, ce bruit fait résonner plus fort le silence de l'incompréhension. Ce n'est pas une question de génération, mais plutôt de principe, savoir écouter est un privilège de nos jours, on se bâtît si vite des carapaces avec serrures à X points. Voir parfois la compréhension de nos propos, mais l'empathie s'arrêtant là, incapable de prendre la main de sa fille, ni elle de son père.
Puis je me souviens, j'ai été capable de sortir sans blindage, trésor proposé, en plein air, appuyer ma tête contre son épaule ne penser à rien, regarder les frondaisons des arbres, comme le nourrisson que l'on sort pour lui changer les idées.
Là, j'aimerai bien cette épaule pour sortir ce dont je n'ai même pas conscience, des mots à prononcer pour évacuer cette souffrance, une épaule silencieuse juste présente, câline, un peu sensuelle. Alors je l'imagine, et je peux allongée dans le transat, imaginer dire les mots sans son, les mots tensions, les mots libérateurs.

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