Je sais, j'ai une mauvaise manie, de tourner sans fin la petite cuillère dans la tasse, j'essaie de faire le moins de bruit possible mais on s'aperçoit inévitablement si l'on m'observe que je tourne en rond. Tout les matins j'aime à aller dans le bistrot pour boire le café : un double pour le plaisir d'en avoir plus. Même si j'ai déjeuné auparavant, je m'installe, je prend le quotidien, feuillette les actualités, découvre les titres des faits divers lis les anomalies génétiques des sportifs, puis je sais qu'il va arriver. Je repose le journal, pas la peine de le ramener, il suffit de le fermer et toujours une voix demande à le prendre.
Moments précieux, il est en face de moi, pas vraiment du face à face, mais les trois-quart de son visage me sont offert. Non, il faut commencer par le début, tout d'abord il passe la porte, je le repère de suite, ses yeux font le tour de la pièce, à ce moment là vite je regarde ma tasse, c'est important d'y avoir encore du café, puis j'observe comment il est habillé, c'est un élément sans aucune importance, mais j'aime, si il a un pull coloré, j'extrapole, aujourd'hui il a envie de rire et de bonne humeur, si il est correct sombre, je me dis qu'il veut plaire, sa tenue c'est mon baromètre du jour. Chemise, T-shirt, veste, je ne sais jamais comment il va être, difficile de deviner par sa tenue son métier.
Il commande lui aussi le plus souvent un expresso. Alors commence pour moi enfin le moment le plus attendu, savoir où je vais ce jour déposer mes lèvres. Aujourd'hui j'ai décidé de commencer par m'approcher et de commencer juste sous son oreille et de lui mordiller la mâchoire tout en le caressant de mes lèvres jusqu'à son menton, ainsi, sans prévenir. Je forme avec ma cuillère la forme triangulaire de ses tendres bajoues que je dévorerai lentement sûrement. Interlude je tourne avec ma main gauche, une respiration, il semble rêveur, je sais qu'il intériorise puis je vais ce jour, lui faire de l'auriculothérapie, je vais ainsi lui saisir les mains, frôler son coude puis passer délicieusement sur l'arrondi de ses épaules, je rentrerai alors ma langue et ma salive. Affriolée, je reprendrai plus suavement, très très lentement, pour le sentir frémir, cuisson délicate, pour arriver jusqu'à sa langue et du bout de la mienne lui dirai ma présence et mon désir. Retrait, je tourne encore mon café, bois une gorgée manière de calmer mon élan et de l'observer. Puis je reprendrai, de nouveau, plus fortement de sa langue à tout son corps pour finir contre sa bouche oui, il serait baveux, ne pourrait plus entendre mais qu'importe, je n'ai point de mots à lui dire, juste mes lèvres qui s'expriment. Avec le café elles sont chaudes, elles irradient, nerf sciatique, colonne vertébrale, tout son corps est mis à contribution, il ne peut plus m'ignorer, encore, un grand tour pour réajuster le corps.
Retrait, une dernière gorgée, pas de sucre au fond, je n'en mets jamais, je reprendrai en son centre, obnubiler son cerveau, lui influxer toutes mes envies pour la suite, puis le libérer. Je pose la cuillère il est temps pour moi d'aller payer et de travailler, demain peut-être oserai-je directement sa bouche.
4 commentaires:
Bon sang, attirer une telle convoitise... Et ne pas le savoir, le saura-t-il jamais? Félicitations Mlle Oh!
ben, non il ne le sait pas..sinon j aurais trop peur qu il s envole, c est si fragile les reves.
Alors cela devra venir de lui, moi, j'ai toujours suivi mes intuitions mais du coup je n'ai jamais écrit de rêves aussi sensuels que celui-ci.
Je suis désappointé.
Dans un monde meilleur on devrait pouvoir donner un baiser plus aisément qu'on offre une cigarette dans celui-ci.
Dans mon monde, je donne des baisers sans compter, est-il meilleur pour autant ? je n ele crois pas, mais il est plaisant, hein!
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